
Ses opposants de tous poils ont souvent caricaturé Darwin en homme-singe. L'image qui a fait le tour du monde pour illustrer sa théorie est celle d'une suite de primates se relevant progressivement pour arriver à un homme debout. L'homme descend du singe... voilà la formule que l'on a retenue pour synthétiser la théorie de l'évolution. Un bon résumé, une aberration ou un sacrilège ?
La réponse de Gérard Galliot, conservateur en chef des Musées de la Citadelle de Besançon
« Dieu ne joue pas aux dés » a déclaré un jour Einstein... « un petit peu quand même » pourrait lui répondre Darwin. Pourquoi certaines girafes ont un cou plus grand que d'autres ? Pourquoi sommes-nous tous si différents ? Est-ce déterminé... ou est-ce le hasard ?
La réponse de Francesca Merlin, philosophe des sciences à l'université de Montréal (audio)
(1.87 Mo)
La réponse d'André Langaney, professeur de génétique au Muséum national d'histoire naturelle de Paris et à l'université de Genève
C'est par analogie avec les pratiques ancestrales de sélection artificielle des éleveurs, tant dans le monde végétal qu'animal, que Darwin introduit ce terme de sélection naturelle. Pour simplifier, beaucoup ont résumé ce mécanisme de l'évolution à une lutte pour la vie. À tort ou à raison ?
La réponse de François Gillet, professeur d'écologie au laboratoire Chrono-environnement université de Franche-Comté
Quand Darwin publie L'origine des espèces, ni les gènes, ni l'ADN, ni les chromosomes ne sont connus et les lois de l'hérédité commencent seulement à être décrites. Depuis, la génétique a apporté de nombreuses connaissances et précisions sur la transmission des caractères. Oui mais... la génétique a aussi introduit l'idée d'un programme qui renferme notre devenir... le retour du déterminisme ?
La réponse de Pierre-Henri Gouyon, professeur de génétique et botanique au Muséum national d'histoire naturelle
Dans l'Allemagne nazie bien sûr, mais aussi dans l'Amérique du début du XIXe siècle, dans la Suède de l'entre-deux-guerres et dans bien d'autres pays encore, l'idée est apparue d'améliorer l'espèce humaine comme on améliore les bovins. Certains se sont alors vantés d'être inspirés par la théorie de l'évolution. Cette dérive est-elle vraiment en germe dans le travail et la pensée de Darwin ?
Si toutes les espèces évoluent, existe-t-il des espèces plus évoluées et d'autres moins évoluées ? Qu'en est-il de la nôtre, par exemple ? Est-ce grâce aux mécanismes de la sélection naturelle que l'Homme est devenu une espèce pas tout à fait comme les autres ? Mais sommes-nous vraiment une espèce pas tout à fait comme les autres ?
Si étudier l'évolution et ses modes d'action revient à comprendre comment, dans le temps, une espèce peut apparaître, disparaître ou se scinder en plusieurs espèces différentes, il est important de définir ce qu'est une espèce. On peut alors classer, référencer, compter et voir évoluer.
La réponse de Franck Cézilly, professeur d'écologie à l'université de Bourgogne (audio)
(1.9 Mo)
Il existe des orchidées qui imitent à merveille la forme et les couleurs des insectes pour les attirer. Il existe des hérissons capables de se protéger des prédateurs derrière leurs épines... que la nature est bien faite. Cette affirmation résonne comme un dicton passe-partout. Pourtant, se cache derrière cette formule anecdotique une vraie vision du monde... que l'on peut partager ou discuter.
La réponse d'André Langaney, professeur de génétique au Muséum national d'histoire naturelle de Paris et à l'université de Genève
En formulant l'idée d'espèces en évolution qui dérivent les unes des autres, la théorie de Darwin va à l'encontre d'une lecture littérale des textes sacrés sur la Création. Si les débats faisaient rage il y a 150 ans, aujourd'hui encore certains combattent la théorie de l'évolution. Dans cette confrontation science / croyance, certains trouvent un terrain d'entente... d'autres non.
La réponse de Franck Cézilly, professeur d'écologie à l'université de Bourgogne (audio)
(2.93 Mo)
La réponse du Père Gilles Brocard, responsable des formations au Diocèse de Besançon (audio)
(2.26 Mo)
Avant Darwin, il y eut Lamarck qui osa parler de la transformation des espèces. En même temps que Darwin, il y a eu Mendel qui, en croisant des lignées de petits pois, mit en évidence les lois de l'hérédité. Depuis Darwin, beaucoup continuent à réfléchir, à travailler sur l'évolution. Certains apports affinent légèrement la théorie, d'autres la modifient plus en profondeur, d'autres restent à la marge...
La réponse de Pierre-Henri Gouyon, professeur de génétique et botanique au Muséum national d'histoire naturelle